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Flagrant rebondissement de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire contre les défenseurs des droits humains et opposants politiques.

Biram Dah Abeid, président de l’ong anti-esclavagiste IRA-MAURITANIE, unique candidat déclaré aux élections présidentielles de 2019 face au candidat de la junte militaire au pouvoir en Mauritanie, a été arrêté en  violation de la procédure judiciaire en vigueur et incarcéré arbitrairement. Cet emprisonnement sous de fausses allégations et fallacieux prétextes, sous le couvert d’une taupe de la police politique mauritanienne, est intervenue quelques jours avant le déclenchement de la campagne électorale législative, municipale et régionale dans laquelle Biram Dah Abeid est un principal compétiteur, tête de liste nationale de la coalition Rag-Sawab pour les députés.

 

Le général Mohamed ould Abdelaziz et son clan au pouvoir, vouant aux gémonies le président d’IRA-Mauritanie pour son combat sans répit contre l’esclavage, le racisme et autres violations des droits humains, largement dénoncés en Mauritanie, décidèrent d’instrumentaliser les juges pour laminer la campagne législative  dirigée par Biram et en même temps empêcher sa candidature aux élections présidentielles de 2019. Ainsi, pour une allégation d’une infraction de simple police en Mauritanie, une personnalité nationale et internationale comme Biram, ancien candidat au fauteuil présidentiel arrivé en seconde position, est tout de suite  arrêtée et embastillée avec une rigueur zélée.

Cet acharnement pour règlement de compte à un défenseur de droits humains traité comme ennemi public numéro un et adversaire politique redouté, a eu lieu sans tenir compte que le journaleux-espion et pseudo-plaignant a inondé les réseaux sociaux et autres médias mauritaniens d’insultes, dénigrements et calomnies contre la personne de Biram Dah Abeid, dans une violation ostentatoire des règlements et de la déontologie du journalisme. Donc, poussé par la hantise de neutraliser son principal adversaire avant les élections, la junte au pouvoir s’empressa de renverser les rôles et la victime, Biram, devient l’accusé et, l’insulteur public de service, le journaleux Dedde Abdallah, devient la victime.

Et après quatre mois d’arrestation arbitraire d’un député, élu du peuple, en violation claire et nette de la loi sur l’immunité des parlementaires, après que le député incarcéré ait subi toutes sortes de torture psychologique et physique dont l’enchaînement dans une ambulance et pendant l’examen médical, le juge d’instruction chargé du dossier vient de subir les remontrances du ministre de la justice Dia Seydou Malal, pour qu’il change le libellé de l’ordonnance de renvoi du dossier devant la cour correctionnelle.

En effet, le juge Mohamed Vadel Limam Deida avait affirmé à l’un des avocats de la défense de de Biram Dah Abeid et son compagnon Abdallahi Houssein Messoud, le pouvoir voudrait une nouvelle ordonnance renvoyant le dossier Biram et Abdallahi à la cours criminelle, mais le juge a clairement indiqué à l’avocat que ceci est trop injuste et qu’il ne le fera jamais, mais que le pouvoir politique, pourrait se pourvoir en appel pour obtenir l’ordonnance qu’il voudrait de renvoi de Biram Dah Abeid devant la cour criminelle. Mais à la grande surprise de la défense, le lendemain 5 décembre 2018, le juge a fait disparaître l’ordonnance déjà notifiée au parquet et déjà citée pour l’avocat de défense, et a signé à sa place une nouvelle ordonnance de renvoi devant la cours criminelle.

IRA-Mauritanie voudrait pour cette occasion rappeler à l’opinion nationale et internationale, à tous les partenaires, que depuis le coup d’État militaire militaire de 2008 orchestré par Mohamed ould Abdelaziz, l’aide de camp du président élu, les juges ont perdu totalement leur indépendance.

Le pouvoir judiciaire a cessé d’être un pouvoir et s’est transformé en appareil docile entre les mains du chef de la junte pour assouvir ses règlements de compte avec les défenseurs des droits humains, les opposants politiques et les acteurs économiques.

L’arrestation de Biram Dah Abeid, son emprisonnement immédiat et sévère, son renvoi devant la cours criminelle dont les peines minimales sont cinq années de prison, pour une simple allégation d’un agent des renseignements généraux, qui se plaint d’avoir été traité d’espion par Biram Dah Abeid, c’est ici une somme de preuves irréfutables de l’acharnement flagrant et découvert du pouvoir du général Mohamed ould Abdelaziz contre le leader abolitionniste, défenseur des droits humains, élu du peuple et candidat aux élections présidentielles de 2019.

Nouakchott le 13 décembre 2018

La commission de communication

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