M. Abdallahi Matala Seck et M. Moussa Biram restent emprisonnés.


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Dérive autoritaire en Mauritanie : Appel à la solidarité avec les victimes

Nous déplorons à la face du monde que les violations liées a la dignité humaine et aux droits fondamentaux de la personne humaine restent récurrentes et ancrées dans les pratiques de certains groupes sociaux et ethniques dominants en Mauritanie, mais aussi dans certains corps civils et militaires de l’Etat.

En effet, les pratiques esclavagistes incriminées par le droit et la constitution mauritaniens, comme par les conventions internationales auxquelles la Mauritanie adhère, restent de mise malgré les témoignages unanimes des ONG internationales et nationales, mais aussi de différents rapporteurs spéciaux des Nations-Unies ayant fait des investigations en Mauritanie.

Aussi, les discriminations d’Etats continuent à être le mal principal dont se plaignent des populations noires de Mauritanie, qui ont été la cible, il y a plus de deux décennies, de pogroms, de déportations forcées, d’expropriations de biens meubles et de terre, d’assassinat collectif extrajudiciaire. Tout ce passif lourd, n’a pas été jusqu’a présent, mis sur les projecteurs de la vérité, de la justice et de la réparation. Plus grave encore, ces derniers années, le pouvoir mauritanien a inventé un recensement biométrique qui rime avec une remise en cause de la Mauritanité de la majorité des populations noires autochtones.

Sur un registre lié au premier, les autorités mauritaniennes ont ouvert les prisons aux défenseurs des droits humains et surtout les militants anti-esclavagistes de l’ONG IRA-Mauritanie, qui se sont  vus infligés, après le refus d’enregistrement de leur association, les interdictions, les harcèlements, les arrestations, les tabassages et surtout la torture, le tout doublé de condamnations fréquentes à des peines lourdes au cours de procès inéquitables.

Les autorités mauritaniennes sont restées jusqu’a nos jours, murées dans leurs refus de procéder a la mise en examen et aux poursuites contre ses propres agents reconnus comme tortionnaires et dénoncés par leurs victimes et ce malgré les injonctions des Nations-Unies, de l’Union Européenne et des Etats-Unis d’Amérique, mais des organisations internationales non-gouvernementales des droits de l’Homme.

Depuis la prise du pouvoir du général Mohamed ould Abdel Aziz en 2008, on assiste a une remise en cause des libertés de réunions et d’associations, plusieurs organisations civiles ou politiques ont été interdites ou refusées d’enregistrement.

Tout dernièrement, des personnalités du monde des medias, des syndicats des travailleurs, des défenseurs des droits de l’Homme, des élus, des hommes d’affaires, ont été tabassés dans les rues, mis en examen judiciaire et interdits de voyager, l’objet de mandat d’arrêt international ou purement et simplement embastilles pour avoir manifesté ou exprimé leur opposition à un changement de la constitution voulu par le chef de l’Etat.

Cette situation a crée un climat de peur généralisée a l’intérieur du pays, d’ou la nécessite pour les activistes et défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie, d’Afrique et d’autres continent,  d’entamer un processus de communication, légal, dans tous les pays démocratiques, pour porter cette situation à la connaissance de l’opinion publique mondiale.

 

Nouakchott le 05/10/2017

Les signataires :

  • IRA – Mauritanie
  • Anti-Slavery International
  • UNPO
  • IRA France
  • SOS Esclaves
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