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Jusqu’où la dérive! / Par Amadou Tidjane DIOP, Vice-président IRA-Mauritanie

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Depuis quelques temps, nous assistons à des rodomontades et déclarations qui ont suscité l’indignation et l’inquiétude de ceux qui se soucient de la République et du respect des principes et idéaux défendus par la Constitution, et susceptibles, par ailleurs de nourrir des ambitions qui compromettront durablement la stabilité de notre pays.

Ce fut d’abord le Ministre de l’Economie et des Finances, M. Moctar Ol Diay, à qui revient l’honneur d’ouvrir le bal lors d’une plénière s’adressant aux députés, de déclarer : « si le président Mohamed O Abdel Aziz sollicite un troisième mandat, les députés ont le devoir l’appuyer ».

Quelques jours plus tard et dans les mêmes circonstances, ce fut le tour du Ministre de la justice M. Brahim O Daddah, d’aborder dans le même sens allant jusqu’à inviter les députés à demander à Mohamed O Abdel Aziz de solliciter un 3ème mandat.

Interpelé par le député Mohamed Ol Ghoula, le ministre s’entête et continue de se refuser derrière son daltonisme intellectuel dicté par sa mauvaise fois. Au lieu de saisir l’opportunité et se rétracter, il réplique par un message codé qui laisse alors libre à toute interprétation équivoque.

Alors! Nous sommes en droit de nous demander dans quelle République sommes-nous? Où se trouvent les vertus de l’homme d’Etat lorsque des ministres peuvent publiquement, et devant les Elus du peuple, appeler à violer la Constitution, notre Loi fondamentale ? Une telle bavure n’est ni plus, ni moins qu’une insulte au peuple mauritanien. Et ne doit pas, en situation normale, demeurer sans suites.

Ainsi, devant cette dérive, nous rappelons aux ministres, de par la gravité de leurs propos le risque qu’ils sont en train d’encourir et leur peuple avec. Nous les tenons coupables de crime pour incitation à la violation de la Loi fondamentale et constitutionnelle.

Ils doivent aussi comparaitre un jour pour répondre de leurs actes. Puisque le peuple Mauritanien dont l’une des aspirations fondamentales s’inscrit aujourd’hui dans l’effort de rétablir la justice, serait loin de garder son indifférence face à tout ce qui serait susceptible de compromettre d’une part cet élan vers la construction d’un Etat de droit et d’autre part d’hypothéquer l’émergence de l’expression de sa liberté.

Amadou Tidjane DIOP, Vice – président IRA – Mauritanie

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