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Multiplication contre les exactions en Mauritanie : La Raddho porte le combat de l’Ira

«La situation des droits hu­mains se détériore de jour en jour en Mau­ritanie», alerte Abou­bacry Mbodji, secrétaire général de la Rencontre africaine des droits de l’Homme (Raddho).

Il dénonce, ainsi, par ces termes la condamnation à mort le 24 janvier dernier de Mouhamed Ould Mkheitir pour apostasie. Selon la Raddho, Biram Dah Abeid a été «arbitrairement» arrêté le 11 novembre dernier, au même titre que Birahim Bilal Ramdhane et Djiby Sow, président de l’Ong Kaw­tal Diélitar. Alors qu’ils organisaient une caravane contre l’esclavage foncier dans la vallée du fleuve Sénégal. Selon Mamoudou Baydi Gaye, conseiller en communication du président d’Ira Mauritanie, les harcèlements et les intimidations des leaders et dirigeants sont réels dans son pays. «Cette situation qui perdure mérite une attention particulière. Au delà de la condamnation, nous engageons une campagne de sensibilisation pour que la communauté internationale prenne connaissance de ce qui se passe en Mauritanie. On doit agir solidairement», indique M. Mbodji.

Il faut savoir que l’Ira, qui lutte depuis longtemps pour le respect de la dignité humaine et contre l’esclavage en Mauritanie, n’a jamais été reconnue. Les autorités mauritaniennes préfèrent parler de séquelles esclavagistes plutôt que de pratiques esclavagistes. Alors que l’esclavage existerait toujours dans la société. Comme en témoigne Mamoudou Gaye, qui fut lui-même un refugié dans ce pays. «En Mauritanie, être un noir c’est un parcours de combattant», insiste le conseiller du Pré-sident d’Ira en Mauritanie. Dé­porté en 1989, puis revenu au Sénégal en 2001, M. Gaye, journaliste de formation, affirme que «la Mauri­tanie m’a volé ma jeunesse. Depuis 1988 jusqu’à nos jours, ce sont des militaires qui dirigent ce pays. J’ai dû démissionner parce que tous les organes de presse sont gérés par des arabo-berbères qui exercent leur diktat sur les programmes. Dans tous le pays, les étrangers sont malmenés, intimidés, licenciés, emprisonnés, censurés. On est sous écoute permanente. C’est un rouleau compresseur qu’on sent autour de nous». Remontés par cette situation, il poursuit : «Les accords interétatiques sont dilapidés. On note une politique communautariste et un ethnicisme très avancé. Tous ceux qui élèvent la voix risquent l’apostasie. Le procès de Djiby Sow, Birane est très arbitraire. C’est parce qu’ils ont osé s’attaquer à un système, et déconstruire des pratiques ancrées qu’on les accuse de rébellion non armée et d’attroupement non reconnu. Birane est actuellement sous régime alimentaire, sa santé est fragile. Il est tant de dire halte au chef de l’Etat. La liberté a déjà sonné son heure de glas. On ne peut plus nous bâillonner».

Condamnation arbitraire
La Raddho, la Fédération internationale de la ligue des droits de l’Homme, l’Association des droits de l’Homme en Mauritanie, Y en a marre ainsi qu’Ira Sénégal et Mauritanie appellent «d’un commun accord» la communauté internationale à se solidariser pour soutenir «leurs frères afin que les détenus soient libérés et que les questions de l’esclavage soient éradiquées tout bonnement». «C’est un crime contre l’humanité. Nous demandons au gouvernement mauritanien de veiller au respect de ses engagements. La Mauritanie, même si elle ne fait pas partie des Etats membres de la Cedeao, a signé des conventions avec les pays membres. Alors nous l’appelons à honorer ses engagements vis-à-vis de ses pairs», soutiennent les Ong. «Trop c’est trop. Nous informons l’Ua et la communauté internationale pour qu’elles exercent une pression et envoient une mission impartiale en Mauri­tanie. On est dans une ère où la liberté doit prévaloir. Les Etats doivent ouvrir leurs yeux, nous invitons Macky Sall à parler avec son homologue mauritanien», sou­tient le secrétaire général de la Raddho. Fadel Barro, coordonnateur du mouvement Y en a marre, renchérit : «Que ce qui s’est produit pour Bayo au Sénégal ou pour le Tchadien Makaila ne se reproduisent plus alors qu’ils sont venus dénoncer des entorses aux libertés. Nous sommes interpellés en tant que jeunes alors nous appelons aussi les chefs d’Etat qui s’accrochent au passé à ne plus vivre dans le passé».

Par Aissatou Ly

Source: Le Quotidien (Sénégal)

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